En bref
Le front est la zone la plus commentée de la morphopsychologie, et la plus mal lue. On lui attribue volontiers l’intelligence, ce que Corman n’a jamais écrit et que sa méthode ne permet pas de soutenir. Ce que le front situe, dans sa grille, c’est la place que la réflexion occupe dans le fonctionnement d’une personne. Pas sa capacité à réfléchir.
Où commence et où finit le front
La zone va de l’implantation des cheveux à la ligne des sourcils.
Cette borne haute pose un problème pratique que les vulgarisations ignorent. L’implantation recule avec l’âge chez beaucoup d’hommes, et une calvitie naissante donne l’illusion d’un front qui s’agrandit. Le repère utilisable est donc l’implantation d’origine, visible sur une photo ancienne ou déduite de la ligne des tempes, et non la limite du moment.
On regarde donc quatre choses.
- La hauteur. La distance entre les sourcils et l’implantation, rapportée à la hauteur totale du visage. Un tiers environ correspond à l’équilibre décrit par Corman.
- La largeur. L’écartement des tempes, qui se lit mieux de face en comparant la largeur aux tempes à celle aux pommettes.
- Le dégagement. Le front est-il plein et lisse, ou marqué de creux latéraux au niveau des tempes ?
- L’inclinaison, visible de profil seulement. Un front vertical, un front bombé, un front fuyant vers l’arrière.
Ce que chaque variation module
Un front haut et large, aux tempes dégagées, correspond dans la grille de Corman à un étage cérébral dilaté : un fonctionnement où la représentation précède l’action. Le praticien y lit un besoin de comprendre le cadre avant de s’engager, ce qui se traduit souvent, vu de l’extérieur, par une lenteur apparente au démarrage.
Un front étroit, aux tempes resserrées, relève de la rétraction. Corman n’y voit aucune infériorité, il insiste là-dessus, mais une concentration : l’attention se porte sur moins de choses à la fois, et l’engagement dans l’action est plus direct.
Un front bas par rapport aux deux autres étages déplace le poids du visage vers le bas. Dans la lecture morphopsychologique, l’action et l’instinct prennent alors le pas sur la délibération.
Un front fuyant, incliné vers l’arrière et visible de profil, se distingue d’un front bas. Il peut être haut et fuyant. Corman y rattache une pensée tournée vers l’application plutôt que vers l’abstraction. Un front bombé, à l’inverse, est associé chez lui à une activité de représentation plus détachée du concret.
Pourquoi le front seul ne dit rien
La troisième loi de Corman, celle de l’équilibre, interdit de conclure sur une zone isolée. Le front en est la meilleure démonstration.
Un front large au-dessus d’une mâchoire tout aussi large ne se lit pas comme le même front au-dessus d’une mâchoire étroite. Dans le premier cas, la grille décrit un fonctionnement où la réflexion et l’action se répondent. Dans le second, une réflexion qui peine à trouver sa traduction concrète.
C’est pour cette raison que la lecture d’un front demande de regarder aussi la mâchoire et le menton, et de situer le tout dans le rapport des trois étages.
Ce qu’un front ne dit pas
Il ne dit rien de l’intelligence, rien du niveau d’études, rien des capacités professionnelles d’une personne. L’association entre front haut et intelligence est un héritage de la phrénologie du dix-neuvième siècle, entièrement invalidée, et Corman s’en est explicitement démarqué. La confusion persiste parce qu’elle est flatteuse, pas parce qu’elle est fondée.